Presse

Ce qu’ils pensent de nous…

À BOUCHE QUE VEUX-TU Fondation Royaumont, le 3 septembre 2015 Fenêtre sur Cour :

Déjà la danseuse de cabaret s’en jouait, de la grimace au cri, avant que le morphing n’en reprenne les enjeux. Il y a dans le travail du corps et du geste, des mouvements, des façons réflexes et involontaires passionnantes à explorer. Sandra Abouav s’y est attachée, du côté du bâillement. Une véritable mine gestuelle, pépites d’expressions aux intentions communicatives, aux cheminements variés. Soupirs, grimaces, rêve ou sommeil, volontaire ou involontaire, on baille à gorge renversée, en silence ou en bruit, comme dans un rêve ou par ennui, on hésite, on s’étire, on pique du nez on sursaute et tout cela creuse un sillon d’écriture entre le geste et la voix. Mouvements démultipliés, réflexes et automatismes, contamination ou métamorphose sont autant d’éléments traversés par les danseurs et la chorégraphe dans ce terrain plein de mystère à déchiffrer.

– Irène Filiberti

RIZ COMPLET Un soir ou un autre – 13 juin 2014 :

Mystères et merveilles. De l’intelligence du vivant on se concentre sur l’humain en quête de sens. Un cercle de craie est tracé au sol, mais loin de cadrer la créativité des deux interprètes. Vite, les corps courent et les mots s’enchainent en jeu de sonorités, se bousculent et se répètent style marabout-bout d’ficelle. Ces mots forment-ils les limites d’autres enfermements? D’in-articulations en désarticulations, les corps luttent contre en échappées, répondent par charades de gestes en une fébrile déconstruction. C’est un beau duo, Alexis Morel qui se risque en fantaisies flutées, Sandra Abouav bien campée sur son axe mais qui se lance de là vers tant de directions imprévues, mes neurones sont dynamisés. Ils accélèrent sans freins, accrochés l’un l’autre de regards intenses, atteignent de joyeux paroxysmes, jubilent et se relancent. C’est un plaisir d’assister à cette chorégraphie du rythme et de la générosité.

– Guy Degeorges


RYTHMES D’AUTOMNE
Catalogue d’exposition – janvier 2013 :

Les éléments géométriques, cylindres entiers ou découpés, carrés, rectangles entrent dans une configuration complexe, un peu comme une constellation cosmique. Mais aussi ils sont soulevés comme par une houle dynamique. C’est ce qu’ont parfaitement ressenti la danseuse Sandra Abouav et le souffleur Jérôme Bourdellon qui ont accompagné l’installation de la sculpture. Le mouvement du corps et le vibrato de l’instrument oscillaient en permanence entre forme tenue et abandon dionysiaque. Exactement comme Alain Kirili dit vouloir d’une part « que le regard reste plongeant, apaisé: c’est une méditation sculptée » et d’autre part que « la différence des hauteurs crée une ondulation qui reprend celle du gravier et donne un accent vivant à l’œuvre.

– Thierry Dufrêne

SLIDE Danser magasine – 29 mars 2012

La prise d’espace est franche, la gestuelle précise et découpée. La jeune fille, formée aux RIDC de Françoise et Dominique Dupuy, est d’une nature bien née. L’éclairage qui utilise la vidéo diffracte la personnalité de l’interprète. La construction est structurée autour de séquences agencées l’une à l’autre. Cela glisse et coupe à la fois, servi par une maîtrise du geste bienvenue. La danse butte en cherchant à répondre à l’on ne sait quelle injonction de sens extérieure à ellemême. Il faut attendre les minutes finales et en particulier la conclusion en explosion. Cet essai d’une très jeune chorégraphe sur une manière de diffraction du corps possède de réelles qualités et il faudra suivre son auteure.

– Philippe Verrièle